Pâques : êtes-vous poules, oeufs, cloches, lapins ou friture en chocolat?

 

 

 

Pâques approche et comme à Noël, chacun d’entre nous renoue peut-être avec de bons souvenirs gustativo-affectifs, bref, en avant la régression …

Les pubs du chocolatier Petris’ chocolate, avec leurs poulettes en chocolat pastel me font craquer, les lapins de chez Lindt de mon Prisma local beaucoup moins. Et vous ?

Quant aux fameuses spécialités sucrées locales de Pâques, le mämmi et le pasha, avez-vous déjà goûté et apprécié ?

L’aspect de l’un ou de l’autre n’est certes pas très engageant, vous avez peut-être deviné celui qui a priori est le moins appétissant des deux …

Et pourtant … Peut-être me permettrez-vous de vous raconter comment j’en suis arrivée à aimer le mämmi, ce dessert mollasson et inesthétique.

J’étais solitaire en semaine, assez fraîchement arrivée dans une grosse bourgade en Finlande, un peu avant les fêtes pascales. La nature était encore grisâtre, le soleil était de l’autre côté de la planète, neige et glace s’attardaient  sur mon paysage mental.

Une sympathique nouvelle copine potentielle m’avait proposé de  venir déjeuner au café où elle travaillait, décoré comme il se doit par du rairuoho vert, une sorte de gazon d’appartement, que l’on sème à l’avance dans un récipient pour qu’il fournisse une belle mini-pelouse verte, symbole de joie et de renouveau.

Sisäkasvit – Sivu 14 – NEKOblogi

 

 

Surmontant mes préjugés, je dégustais donc cette spécialité en regardant le rairuoho placé sur le rebord de fenêtre à côté de moi et c’est là que j’ai ressenti un amour pour la Finlande car je comprenais soudain cette tradition.

Et après tout, ce goût de seigle, de malt, de mélasse, d’écorce d’oranges et de crème n’est pas si désagréable, au contraire. Aujourd’hui, je zappe la crème, c’est plus léger et tout aussi bon. Il s’agit d’une fantaisie que je peux me permettre, en tant qu’éternelle étrangère, dont personne n’espère plus l’intégration totale.

Par contre le pasha, dessert à base de fromage frais, de crème, de raisins secs et de citron ne m’a jamais touchée. Elle concerne peut-être plutôt la Finlande de l’Est orthodoxe …

Les avant-après de l’atelier lecture : « Les désorientés » .

 

Amin Maalouf est un écrivain dont j’apprécie le point de vue « oriental », l’élégance et la musicalité depuis des lustres. Dans un registre plus radical, son ouvrage « Les croisades vues par les arabes » a même changé ma vie : plus jamais je n’ai vu le moyen-âge conquérant d’un point de vue occidental, tel qu’on me l’avait enseigné en cours d’histoire. J’ai découvert des civilisations orientales largement passées sous silence dans les années 60-70.

Bref, après m’être plongée avec délice dans « Les désorientés », j’en ai achevé la lecture sur une étrange impression de dichotomie entre le sujet du livre, l’exil, forcément porteur d’émotions et le ton presque placide et légèrement suave du roman.

La forme morcelée de l’ouvrage, avec un narrateur tantôt »je » tantôt « il », les passages de son carnet, les lettres de ses amis, les dialogues « en direct » contribuaient pour moi encore d’avantage à une distanciation entre le lecteur et les personnages.

Le manque d’effusion suscitait une impossibilité de s’identifier aux membres de cet ancien groupe d’étudiants beyrouthins dispersés par la guerre.

Mais je n’étais pas entièrement satisfaite de mon bilan de lecture, j’appréhendais même qu’un échange à l’atelier lecture comblerait les lacunes éventuelles de mon analyse.

Donc, une fois de plus,  l’atelier m’a permis de modifier ma perception du livre et d’enrichir mon humanité, carrément. 

En effet, voilà donc ce qu’il me semble en avoir retiré : tout d’abord le jeu de mot compris dans le titre, Les dés-orient-és, privés d’Orient. Un Orient doux avant la guerre – voir le film « Sous le ciel d’Alice » mentionné sur le blog dans l’article précédent. La guerre étant une  conséquence de la crise du pétrole de 1973, et de la barbarie nazie ayant fortement contribué à la création d’Israël (?).

Cette douceur orientale, en fait une pudeur, avec de vrais sentiments sous une surface amène, rien de tel pour sortir du léger malaise que m’avait laissé ma « première lecture » en solitaire. Un homme oriental a certes le droit de pleurer, contrairement à son comparse européen, mais là s’arrête les sentiments qu’il est censé montrer en public, et donc exprimer à l’écrit. Ceci explique le ton du roman.

D’un autre côté, il y a lieu de se demander si le roman n’est pas issu d’une construction intellectuelle echafaudée à partir des notes que l’auteur aurait prises tout au cours de sa vie d’exilé … Pourquoi pas … Toujours est-il que les différents personnages représentent différents profils, différents choix et différentes religions, tout en ne s’opposant pas les uns aux autres.

Quant à la fin brutale, c’est-à dire la mort du narrateur et d’un autre personnage, en contraste  avec la relative bonhommie du roman, notre groupe a éclairé sa motivation : l’impossibilité de recréer le passé, annoncée plus tôt dans le roman par le passage de la narration au pronom « il ». Qu’il est donc utile d’avoir de perspicaces amatrices de polars à l’atelier …

 

 

Réfléchir au monde d’après

La divination, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

La quatrième vague a déferlé et se retire progressivement, comme les mesures de distanciations qui on été prises dans tous les pays européens. En Finlande, il ne devrait plus y avoir de mesures de restrictions imposées à partir de la mi-octobre, sauf en matière de circulation avec les autres pays.

Pour autant, l’inquiétude d’une cinquième vague n’a pas disparu pour les épidémiologistes, car le taux de vaccination minimum pour obtenir l’immunité collective dépend de la contagiosité du variant (du R0) et de la durée d’efficacité dans le temps de la vaccination ou d’une contamination antérieure. Les Antilles, la Guyane et la Nouvelle Calédonie avec leurs faibles taux de vaccination en sont actuellement des exemples édifiants.

Chacun réagi individuellement par rapport à une telle situation et notre groupe de franco-finlandais n’est pas statistiquement différent de la population européenne, avec des pro et des anti-vax, des prudent(e)s ou des décontracté(e)s.

Cela a eu et cela a encore des conséquences importantes pour la proposition et l’organisation de nos activités habituelles, ateliers lecture, ballades, cafés du matin, visites d’expositions, repas conviviaux, etc…

Difficile de proposer une activité qui respecte les mesures que chacun juge différemment indispensables, devant la diversité des activités et des restrictions officielles imposées. Difficile pour les nouveaux arrivants en Finlande, pendant toute cette période difficile pour tous, de se joindre à nous quand la proximité physique à moins de deux mètres peut être jugée par certains comme dangereuse.

Nous devons engager une réflexion sur le « comment organiser nos activités » pour la période 2021 – 2022 compte tenu des évolutions possible de la pandémie et de façon à regrouper le plus de monde possible. L’heure et le jour des activités proposées en sont à mon avis des éléments principaux.

De part notre origine fondatrice, l’association de parents d’élève de l’école Jules Verne, composée majoritairement de conjoints d’expatriés n’ayant pas d’emploi fixe en Finlande, nous avons organisé nos activités en semaine et souvent le matin de façon à pouvoir récupérer nos enfants à la sortie de l’école.

Mais ces chères têtes blondes ont bien grandi, sont autonomes, et certain(e)s d’entre nous ont maintenant une activité professionnelle en semaine qui n’autorise plus ces disponibilités. Nous devons proposer des activités le week-end et en soirée en semaine si nous voulons attirer de nouveaux venus, conserver les anciens et perdurer.

Nous devrions envisager, pour les activités qui doivent avoir lieu en journée comme les ballades et les visites d’exposition, de les proposer les week-end et pour les autres, à partir de 19h en semaine, avec la possibilité d’être mixtes, physiques-virtuelles, de façon à contenter le plus de personne possible et permettre de conserver le lien avec les ami(e)s parti(e)s sous d’autres latitudes. Ces nouveaux jours et horaires, pas nécessairement à chaque fois, il faut les tester d’abord.

Cette réflexion sur l’avenir, je souhaite que nous l’ayons toutes et tous et vos avis sont fondamentaux !

À vos claviers 😉

 

Du domaine des Murmures


Carole Martinez, enseignante de français en congé de maternité, commence en 2005 la rédaction de son premier roman « Le Cœur cousu », inspiré des histoires racontées par sa grand-mère. Publié en 2007 à  seulement 3000 exemplaires, le bouche-à-oreille des libraires le fera connaître. Il recevra trois prix, dont le prix Renaudot des lycéens.

Son deuxième roman « Du domaine des Murmures », nominé au Goncourt 2011 et qui obtiendra finalement le prix Goncourt des lycéens, était au programme du vendredi 12 février de l’atelier lecture des francophones d’Helsinki. Continuer la lecture de « Du domaine des Murmures »

Cerisiers épanouis à Roihuvuori

En quelques jours, comme annoncé, les festival de fleurs roses a revêtu son plus bel habit. D’abord frémissants, les célèbres cerisiers brillent à présent de mille fleurs, et redeviennent pour quelques jours l’attraction touristique du moment.

Je m’amuse beaucoup à observer un joyeux ballet hétéroclite et poétique.  Au delà du simple pique-nique sous les branches, les séances photos s’enchaînent : entre amoureux, future maman, lolitas à la touche manga, shooting de mode..

Je vous recommande vivement de venir admirer in situ cette merveille de la nature qui symbolise tant le renouveau du printemps et apporte de la douceur aux cœurs pour le moins troublés en ce moment..

Les cerisiers japonais de Roihuvuori

Je vous avais promis d’observer attentivement le fleurissement des fameux cerisiers japonais de mon quartier de Roihuvuori.

Aujourd’hui, ô joie, j’ai dégainé mon appareil photo !

Le printemps avance lentement mais sûrement, à la tendre verdure  environnante se mêlent à présent les premières fleurs roses… Gonflées à bloc, elles se préparent pour une entrée en scène remarquée au mois de mai  !

Je me réjouis par avance de l’aboutissement coloré de ce mini-reportage sur la beauté du renouveau de la nature, en toutes circonstances.

« Tout un poème »

Cette période aura eu raison de nous, pour nous rappeler à quel point nous n’avions plus de considération pour ce qui nous entoure. Dans beaucoup d’endroits de la planète, la nature reprend ses droits. Et elle nous met de nouveau au défi de la respecter. Aurons-nous compris? Nous laisserons derrière nous tous nos caprices, pour toujours avoir voulu le mieux, qui nous le savons et l’ennemi du bien.

Evènement « Tout un poème » de l’Institut français de Finlande

Alors quand au détour d’une conversation on m’a demandé de lire un poème pour cette rubrique proposée par l’Institut français, c’est naturellement que j’ai choisi de vous lire ce poème de Nashmia Noormohamed: Du Courage, écrit en 2017. Le courage, aujourd’hui nécessaire en cette période.

Bonne écoute!

Du Courage, de Nashmia Noormohamed, lu par Nelly, et autres poèmes: Chaîne YouTube de l’Institut français de Finlande

 

La guerre au virus ne se fera pas les doigts dans le nez

La guerre au virus ne se fera pas les doigts dans le nez.

Décidément, cette épidémie nous oblige à acquérir de nouveaux talents, comme ne pas se toucher le visage : incroyable, le nombre de fois où, autrefois, nous nous caressions le menton ou les lèvres, nous nous grattions le nez, nous nous frottions les yeux, sans mentionner les gestes secrets de nos vies d’avant.
Tout cela est du passé.
Certes la peur du virus est toujours là, et tant mieux car elles nous motive pour nous protéger nous et toute l’humanité par la même occasion : nous en apprenons tous les jours sur la contamination par gouttelettes catapultées par la toux et les éternuements et susceptibles d’atterir traîtreusement sur les emballages de produits alimentaires. Sauf qu’en fait, des aérosols seraient émis même en parlant ou en respirant, et que ces particules flotteraient gentiment, se déplaçant au grès des courants d’air. De plus, la différence entre gouttelettes et aérosols datant des années 50 seraient dépassées …
Tout cela nous plonge dans un abîme d’incertitude quant à la suite des évènements, la recherche pour juguler cette épidémie n’en étant qu’à ses balbutiements.
D’où une nouvelle vertu que cette situation nous permet de découvrir : la patience, la résilience, la confiance en l’avenir, malgré tout. Nous apprenons petit à petit à supporter notre fragilité et à comprendre encore plus que jamais, dans le meilleur des cas, que l’amour de nos proches est notre univers, notre île, notre forteresse.
De plus, quel plaisir pour 50% des télétravailleurs (chiffre tiré d’un sondage finlandais parû hier) de pouvoir profiter de leur intérieur, peut-être aussi de leurs proches et d’user leurs vieux vêtements préférés … Plus besoin de se demander que porter le lendemain, de faire les magasins, d’aller chez sa coiffeuse … Au diable les apparences, cela valant aussi pour nos petits et nos ados.
Haro sur les spectacles ou les bd gratuits en ligne – par exemple le cirque du soleil, Dargaud éditeurs, les opéras du monde entier nous permettent d’oublier le Covid-19 : une vraie manne de merveilles.
Car il semblerait que l’art et la musique soient actuellement les meilleures sources d’évasion.
Nous avons dû fournir des quantités d’énergie incroyables pour nous adapter au confinement, nous construire de nouveaux repères : dans mon cas, j’ai même fini par renoncer à aller faire mes courses moi-même et ai maintenant recours à www.kauppahalli24.fi et à kauppa.foodmarketherkku.fi.
Pour moi, faire des vocalises, regarder un opéra tous les 3-4 jours et écouter de la musique sont les nouvelles échappées que je parviens à m’octroyer. Je n’arrive pas à lire de littérature ou à continuer à apprendre le russe, mes activités quotidiennes d’avant la crise du coronavirus.
Là aussi un changement sans doute temporaire s’est produit malgré moi et il semblerait qu’un tel phénomène concerne bon nombre d’entre nous.
Le jour où ce satané virus sera jugulé, que restera-t-il de bon de cette expérience partagée par toute l’humanité ? Et si nous en rêvions ….
Prenez-bien soin de vous et portez-vous bien.

Astuce vestimentaire

C’est parfois lors d’une mésaventure que l’on adopte une nouvelle idée ou façon de faire ! C’est ce que j’avais envie de partager avec vous, suite au lavage par mégarde à 60°C au lieu de 30° d’un de mes pulls over…qui a fait le bonheur de ma fille puisqu’il est devenu parfaitement à sa taille ! Et qui souhaitait que je recommence avec d’autres pulls immédiatement !

Alors, en  ces temps de shopping restreint, non souhaitable ou tout simplement par manque d’envie, si certaines affaires (homme ou femme !) ne vous plaisent plus ou moins.. vous pouvez toujours essayer de leur donner une seconde vie 🙂