Aller aux fraises

Je n’ai pas pu m’empêcher d’employer cette bonne vieille expression un peu équivoque pour parler de choses sérieuses .

En effet, c’est le moment d’aller chez votre producteur de fraises le plus proche pour acheter une barquette,  un « panier d’un kilo et demie » ou un carton de 5 kg.

L’avantage, c’est la fraîcheur et aussi le prix si vous cueillez vos fraises vous-mêmes. De plus, il semblerait que les centres commerciaux ne proposent pas souvent le format 1,5 kg.

Nous avons acheté 1kg et demie de fraises cueillies le matin même par le producteur pour 15 euros. Notre cultivateur préféré est Kartanon marjat, tout près du manoir d’Espoo (Espoon kartano). Ils disposent d’un point de vente en plein air, les fraises fraîchement cueillies étant mises au frais dans une grande armoire réfrigérante.

Googlez mansikkatilat Helsinki ou mansikkatilat Espoo, etc. et vous trouverez toutes les coordonnées nécessaires ainsi que les horaires d’ouverture des points de vente.

C’est cette semaine qu’il faut y aller car la chaleur aidant, les fraises mûriront toutes en même temps cet été.

Vous pouvez également cueillir les fraises vous-mêmes si vous le souhaitez : chaque client se voit attribuer une ligne à cueillir et on pèse les fraises et vous réglez en fonction du poids. Evidemment, ça peut être sympa à faire en famille et ça revient moins cher. Le terme finnois désignant cette possibilité de cueillir soi-même ses fraises est : « itsepoiminta« .

 

Une expo virtuelle de photographie ukrainienne

Du 3 au 9 mai, la grève du personnel communal fermera probablement les écoles, la plupart des jardins d’enfants et des garderies. Les bibliothèques municipales et certains musées comme HAM et le musée de la photographie seront fermés.

Mais Kiasma, Amos Rex, Taidehalli restent ouverts, tout comme les galeries d’art contemporain  (Forsblom, Halmetoja, Anhava, Forum box et Helsinki Contemporary à partir de jeudi, Sinne, Huuto et Rankka, Heino, Ama et Katariina d’ores et déjà pour ne citer que les préférées)

Et le musée de la photographie propose un panorama virtuel gratuit de la photographie contemporaine ukrainienne, à découvrir absolument et pour le plaisir.

Pâques : êtes-vous poules, oeufs, cloches, lapins ou friture en chocolat?

 

 

 

Pâques approche et comme à Noël, chacun d’entre nous renoue peut-être avec de bons souvenirs gustativo-affectifs, bref, en avant la régression …

Les pubs du chocolatier Petris’ chocolate, avec leurs poulettes en chocolat pastel me font craquer, les lapins de chez Lindt de mon Prisma local beaucoup moins. Et vous ?

Quant aux fameuses spécialités sucrées locales de Pâques, le mämmi et le pasha, avez-vous déjà goûté et apprécié ?

L’aspect de l’un ou de l’autre n’est certes pas très engageant, vous avez peut-être deviné celui qui a priori est le moins appétissant des deux …

Et pourtant … Peut-être me permettrez-vous de vous raconter comment j’en suis arrivée à aimer le mämmi, ce dessert mollasson et inesthétique.

J’étais solitaire en semaine, assez fraîchement arrivée dans une grosse bourgade en Finlande, un peu avant les fêtes pascales. La nature était encore grisâtre, le soleil était de l’autre côté de la planète, neige et glace s’attardaient  sur mon paysage mental.

Une sympathique nouvelle copine potentielle m’avait proposé de  venir déjeuner au café où elle travaillait, décoré comme il se doit par du rairuoho vert, une sorte de gazon d’appartement, que l’on sème à l’avance dans un récipient pour qu’il fournisse une belle mini-pelouse verte, symbole de joie et de renouveau.

Sisäkasvit – Sivu 14 – NEKOblogi

 

 

Surmontant mes préjugés, je dégustais donc cette spécialité en regardant le rairuoho placé sur le rebord de fenêtre à côté de moi et c’est là que j’ai ressenti un amour pour la Finlande car je comprenais soudain cette tradition.

Et après tout, ce goût de seigle, de malt, de mélasse, d’écorce d’oranges et de crème n’est pas si désagréable, au contraire. Aujourd’hui, je zappe la crème, c’est plus léger et tout aussi bon. Il s’agit d’une fantaisie que je peux me permettre, en tant qu’éternelle étrangère, dont personne n’espère plus l’intégration totale.

Par contre le pasha, dessert à base de fromage frais, de crème, de raisins secs et de citron ne m’a jamais touchée. Elle concerne peut-être plutôt la Finlande de l’Est orthodoxe …

Le printemps de Daniel Buren à Espoo

 

Buren, célèbre créateur des fameuses colonnes du Palais Royal, nous propose un immense et joyeux kaléidoscope en zig-zags, à Tapiola, au musée Emma.

De l’abstraction en noir et blanc de Paris, pleine d’ironie et d’énergie, nous voilà propulsés dans une oeuvre quasiment immersive, ludique, participative, joyeuse, exactement ce qu’ils nous faut avant l’arrivée du printemps.

En effet, beaucoup plus que les colonnes, cet art constructiviste et géométrique, avec son usage de différentes textures, de panneaux translucides ou miroitants fait plus appel aux sens qu’à l’intellect.

Bref, il s’agit d’une expo pour tous, à partager en famille, pour se faire soi-même ses propres « tableaux » suivant les perspectives.

Ces « paravents » de Buren seront visibles jusqu’à la mi-juillet; mais vous pouvez vous préparer en allant  visiter le site du musée.

Les avant-après de l’atelier lecture : « Les désorientés » .

 

Amin Maalouf est un écrivain dont j’apprécie le point de vue « oriental », l’élégance et la musicalité depuis des lustres. Dans un registre plus radical, son ouvrage « Les croisades vues par les arabes » a même changé ma vie : plus jamais je n’ai vu le moyen-âge conquérant d’un point de vue occidental, tel qu’on me l’avait enseigné en cours d’histoire. J’ai découvert des civilisations orientales largement passées sous silence dans les années 60-70.

Bref, après m’être plongée avec délice dans « Les désorientés », j’en ai achevé la lecture sur une étrange impression de dichotomie entre le sujet du livre, l’exil, forcément porteur d’émotions et le ton presque placide et légèrement suave du roman.

La forme morcelée de l’ouvrage, avec un narrateur tantôt »je » tantôt « il », les passages de son carnet, les lettres de ses amis, les dialogues « en direct » contribuaient pour moi encore d’avantage à une distanciation entre le lecteur et les personnages.

Le manque d’effusion suscitait une impossibilité de s’identifier aux membres de cet ancien groupe d’étudiants beyrouthins dispersés par la guerre.

Mais je n’étais pas entièrement satisfaite de mon bilan de lecture, j’appréhendais même qu’un échange à l’atelier lecture comblerait les lacunes éventuelles de mon analyse.

Donc, une fois de plus,  l’atelier m’a permis de modifier ma perception du livre et d’enrichir mon humanité, carrément. 

En effet, voilà donc ce qu’il me semble en avoir retiré : tout d’abord le jeu de mot compris dans le titre, Les dés-orient-és, privés d’Orient. Un Orient doux avant la guerre – voir le film « Sous le ciel d’Alice » mentionné sur le blog dans l’article précédent. La guerre étant une  conséquence de la crise du pétrole de 1973, et de la barbarie nazie ayant fortement contribué à la création d’Israël (?).

Cette douceur orientale, en fait une pudeur, avec de vrais sentiments sous une surface amène, rien de tel pour sortir du léger malaise que m’avait laissé ma « première lecture » en solitaire. Un homme oriental a certes le droit de pleurer, contrairement à son comparse européen, mais là s’arrête les sentiments qu’il est censé montrer en public, et donc exprimer à l’écrit. Ceci explique le ton du roman.

D’un autre côté, il y a lieu de se demander si le roman n’est pas issu d’une construction intellectuelle echafaudée à partir des notes que l’auteur aurait prises tout au cours de sa vie d’exilé … Pourquoi pas … Toujours est-il que les différents personnages représentent différents profils, différents choix et différentes religions, tout en ne s’opposant pas les uns aux autres.

Quant à la fin brutale, c’est-à dire la mort du narrateur et d’un autre personnage, en contraste  avec la relative bonhommie du roman, notre groupe a éclairé sa motivation : l’impossibilité de recréer le passé, annoncée plus tôt dans le roman par le passage de la narration au pronom « il ». Qu’il est donc utile d’avoir de perspicaces amatrices de polars à l’atelier …

 

 

Atelier lecture du 11 février 2022

Vous êtes cordialement invité au prochain Atelier lecture des « francophones d’Helsinki »,

 le vendredi 11 février à partir de 10h00, heure d’Helsinki

Pour participer, vous n’aurez qu’à cliquer vendredi 11 à 10h00 sur ce lien. Il mettra tous les participants en relation vidéo via l’application Zoom.

Au programme de cet atelier, L’idiot de Fédor Dostoïevski

Mon premier livre de cet auteur. Pour moi, un chef-d’œuvre de 600 pages environ qui se lisent très vite.

Ce roman classique tient en haleine, subjugue par la beauté de son écriture, élève l’âme – son personnage principal est innocent mais intelligent, la bonté même … mais la bonté suffit-elle à ne pas faire le mal ? – et donne même un éclairage sur des idées sous-tendant encore le climat politique de la Russie d’aujourd’hui.

Je vous invite vivement à googler L’idiot, 4ème de couverture. Vous en trouverez de nombreuses et excellentes versions.

Prévenez-nous de votre future présence en remplissant le formulaire ci-dessous. À vendredi prochain !

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Petit gâteau à la carotte prêt en quelques minutes

Pour se réchauffer avant Noël et après avoir bravé les frimas, le gâteau à la carotte version mug, avec ses épices,  est un petit délice à partager … ou pas.  On peut l’accompagner d’un café, d’un vin chaud, d’un chocolat chaud …

Cette recette ultra-rapide et inratable ne comporte de pas de quantités en grammes, mais seulement en cuillerées, pincées, etc. pour plus de liberté, voire de fantaisie …

Pour un gâteau à déguster à 2 ou seul version XL, mélanger dans 1 grand mug :

– 3 cuillerées à soupe de carotte finement râpée, soit l’équivalent d’une carotte épluchée assez petite.

– 4 cuillerées à soupe de farine   (j’ai mis 2/3 de farine de blé bio – vehnäjauho luomu- et 1/3 de mélange de farine sans gluten – gluteeniton jauhoseos). Selon vos besoins, vous pouvez par exemple mettre 100% de farine de blé ou de mélange de farines sans gluten.

– 1 cuillerée à soupe de sucre de canne en poudre (ruokosokeri) ou de « mélasse » (fariinisokeri)

– 1 pointe de cuillerée à café de levure chimique (leivinjauhe)

– 1 pointe de cuillerée à café de cardamome (kardemumma), une petite pincée de cannelle (kaneli), un trait de noix de muscade râpée (muskotti)

– 150 gr de mélange de noix (Saksan pähkinä), de noix de  macadamia et de pécan bien concassées. Vous pouvez tout mettre dans la pâte ou en garder un peu pour décorer le dessus.

– 2 cuillerées à soupe de lait (peut être remplacé par un équivalent vegan, par exemple par du lait d’avoine -kauramaito-)

– 1 cuillerée à soupe d’huile de colza (rypsiöljy) ou autre huile au goût neutre.

Mettez la préparation au micro-ondes à 700 W environ 1 à 2 minutes, en fonction de votre micro-ondes et du type de gâteau plus ou moins moelleux que vous préférez.

Ajoutez du rahka ou du fromage blanc battu, sucré ou non,  sur le gâteau. C’est prêt. Sur la première photo, c’est du « tuorejuusto » genre Philadelphia mais aujourd’hui, j’ai ajouté une bonne cuillerée à soupe de rahka (sorte de fromage blanc, comme le Qvark allemand) bio battu avec un soupçon de miel (hunaja).

On peut démouler le gâteau avant de le décorer à condition d’avoir la patience d’attendre quelques minutes …. Très gourmande,  je n’ai pas encore essayé.

J’adore les gâteaux en mug car ils permettent d’obtenir rapidement un petit dessert, de faire participer les membres de la famille  : à chacun son mug et son gâteau, ou à chacun une tâche comme râper les carottes, concasser les noix …

Et pas de risque de faire un trop gros gâteau mangé trop vite et qui nous resterait … sur l’estomac par exemple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier lecture du vendredi 20 août

Vendredi 20 août – 10h00 (Helsinki)

Reporté au 27 août

Fille de l’eau de Emmi Itäranta est l’un des deux livres au programme de cette première session de l’atelier lecture de la nouvelle saison 2021 – 2022.

Paru en 2012, c’est un roman d’anticipation se déroulant en Laponie au siècle suivant.

La montée des eaux a envahi le sud de la Finlande, un grand pays asiatique domine la Laponie, la Suède et la Norvège ne sont plus habitables, les humains manquent cruellement d’eau douce.

Etrangement, le roman, traduit dans de nombreuses langues a été publié en France dans la catégorie jeunesse, ce qui n’est le cas dans aucun autre pays.
Il s’agit d’une dystopie qui permet d’éprouver une réelle empathie pour ceux qui souffrent déjà de pénuries en tout genre et/ou qui vivent dans une dictature.

Emmi Itäranta, la quarantaine, écrit ses livres au charme hypnotique en finnois et en anglais. Elle vit actuellement en Angleterre et manie le finnois avec un art inouï. Son héroïne principale est une très jeune femme, dernière d’une lignée de maîtres de thé – lien inattendu et bienvenu avec nos lectures japonaises. Et attention : l’intrigue pourrait vous captiver et vous inciter à lire plus que de raison.

L’auteure a déjà publié deux romans depuis Fille de l’eau. Espérons que le dernier, traitant de l’avenir de l’humanité … sans oublier la Laponie, sera bientôt traduit en français.

L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! d’Yves Paccalet est Le second livre au programme du vendredi 20 août.

L’espèce humaine provoque des bouleversements irréversibles de son environnement.

Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Peut-on encore espérer que l’Homo sapiens acquière enfin la sagesse dont il se rengorge, alors que toutes les grandes questions (pollutions, saccages des terres et des mers, climats, nouveaux virus. ) sont négligées ou méprisées ? D’où vient cette folie suicidaire ? De ce que l’homme est un grand singe égoïste. Il obéit à trois pulsions : sexuelle, territoriale et hiérarchique.

Sa soif de domination le pousse à tous les crimes, y compris contre lui-même. Guerre nucléaire, climats en folie, empoisonnement de l’air et de l’eau, nouvelles maladies. Tout cela sera très drôle. Et après ? Rien. La vie créera de nouvelles espèces jusqu’à ce que le Soleil brûle définitivement la planète, dans environ un milliard d’années.

Bonnes lectures !

glace maison vite faite sans sorbetière

 

La canicule suscite une envie de glaces : voilà une recette ultra-simple, rapide, végane, sans produits chimiques ni sucre en quantité excessive, à faire éventuellement avec les petits.
Pour 4 glaces, prenez :
– 2 bananes. Si elles sont bien mûres, inutile de rajouter du sucre en poudre, le sucre n’étant pas indispensable du tout à mon avis.
– 1 cuillerée à soupe rase de chocolat en poudre, si possible à forte teneur en cacao (j’aime bien la marque Fazer ögon)
Ecrasez bien les bananes ou passez-les au mixer. Rajoutez le cacao. Mélangez puis verser dans 4 petites tasses à café ou 4 petits verres de votre choix.
2 heures au congélateur suffiront pour obtenir vos glaces. Si vous attendez encore 1 heure ou 2, soit en tout 3-4 heures de congélation, la glace sera bien dure.