František Kupka, à l’Ateneum

František Kupka
František Kupka (1871-1957)

Le peintre tchèque František Kupka est un pionnier de l’art abstrait. Son œuvre est décrite comme étant une poésie de la couleur.

Auto-portrait – 1905

L’exposition du musée Ateneum (22.2.2019 – 19.5.2019) offre une chronologie rare de l’histoire de l’art, avec l’évolution de l’œuvre de Kupka, du portrait traditionnel vers l’art abstrait.

Auto-portrait – 1910

Réalisée avec la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais de Paris et de la Galerie Nationale de Prague, elle est partitionnée en dix périodes représentatives.

Prague – Vienne – Paris
L’amateur de livres – 1899

En 1892, Kupka s’installe à Vienne afin de poursuivre ses études. Son séjour suscite chez lui un intérêt pour la philosophie, la littérature, l’astronomie, l’anatomie, la chimie et les sciences de la vie, ainsi que pour l’occultisme.

La voie de la science – 1903

Lorsque qu’il s’installe à Paris en 1896, il gagne sa vie principalement en tant qu’illustrateur, mais il travaille également en tant que médium. Kupka s’intéresse à la recherche sur le développement de la race humaine et les théories de l’évolution.

Critique sociale – Kupka, l’illustrateur
František Kupka et sa femme – 1908

František Kupka crée un grand nombre de dessins et illustrations pour des magazines et des livres français : illustrations d’actualité et dessins satiriques qui commentent la vie et la politique de l’époque.

Affiche – L’homme et la Terre – 1905

Il s’inspire de ses propres opinions politiques et de ses contacts avec les milieux anarchistes et libéraux de Paris et Prague. Les illustrations de journaux étant reproductibles sans limite, elles sont parfaites à l’idéal de Kupka qui prône un art accessible à tous et démocratique.

Motifs archaïques, personnes des rues
Rouge à lèvres II – 1908

Lorsqu’il abandonne son travail d’illustrateur, Kupka commence à remettre en question l’approche figurative de la peinture. Il étudie les éléments fondamentaux de la composition et explore les rendus géométriques de formes naturelles.

Rouge à lèvres I – 1908

Dans la série intitulée Gigolettes (1908-1910), Kupka utilise comme modèle les prostituées et les souteneurs parisiens, décrivant les sujets contemporains de manière archaïque et stylisée. La manière dont les figures sont représentées rappelle les fresques des palais crétois et minoens.

Le tournant – Les touches de piano, Le lac, 1909

Cette peinture est un tournant pour Kupka. Les touches de piano, Le lac combine des éléments figuratifs et abstraits.

Les touches de piano, le lac – 1909

Dans le coin inférieur, les doigts d’un pianiste tapotent sur des touches noires et blanches qui commencent à flotter dans un lac scintillant. La surface réfléchissante de l’eau semble palpiter à cause de la puissance de la musique, et les touches du piano relient les ondulations au paysage coloré au-dessus duquel des groupes de personnes se promènent.

Plans par couleurs – 1910-1911

Les motifs verticaux du tableau reviendront dans les années à venir dans l’œuvre de Kupka. Ils constituent un élément clé de ses peintures non figuratives et géométriques.

Le ruban bleu – 1910

Le paysage en haut de l’image et les touches du piano en bas nous informe que ce n’est pas la réalité, mais bien une vision évoquée par la musique. Cette œuvre de transition marque son cheminement vers l’art abstrait.

Les surfaces et les couleurs
Plans par couleurs – Grand nu – 1909-1910

Comment peindre le mouvement, la couleur et la lumière ? Kupka s’oriente vers un style de plus en plus simplifié. Il étudie la lumière, les formes géométriques, les surfaces et les couleurs, mais aussi le corps humain. Il utilise sa femme et sa belle-fille comme modèles.

Portrait de famille – 1910

Kupka réalise un très grand nombre d’études sur la manière de représenter le mouvement. La musique est l’une des sources d’inspiration les plus importantes pour lui, les teintes jaune et orange pour représenter les gammes majeures, les bleus et les verts pour les mineures.

L’art musical
Disques de Newton – Étude pour fugue en deux couleurs – 1912

Kupka était fasciné par la dynamique entre l’espace, le temps et le mouvement et leur représentation visuelle. Dans ses études de 1909 à 1912, il explore la représentation du mouvement de nombreuses façons. Au Salon d’automne de 1912 à Paris, Il déclare que son objectif est de créer des œuvres visuelles construites comme une fugue de Bach.

Étude pour Amorpha – Fugue en deux couleurs II – 1910-1911

Dans ses peintures, les zones de couleur chaudes et froides alternent et les structures en forme de spirale et ellipse créent une sensation de mouvement continu.

Étude pour Amorpha – Fugue en deux couleurs et Amorpha, chromatiques chaudes – 1911-1912

Kupka étudie également la lumière colorée filtrant à travers les vitraux des cathédrales médiévales ce qui transparaît dans sa série comportant des verticales.

Le pouvoir de l’abstraction
Autour d’un point – 1920-1925

František Kupka emploie dans son œuvre deux types de formes abstraites: des motifs verticaux répétitifs et des formes tourbillonnantes avec des variations abondantes. Les formes tourbillonnantes suggèrent le mouvement et les verticales, l’immobilité.

Contrastes gothiques II – 1920-1921

L’architecture est une forme d’art importante pour Kupka.Il s’en inspire dans ses peintures, une réalité abstraite construite d’éléments de forme artificielle. Il est tout autant inspiré par les intérieurs de cathédrales gothiques baignés par la lumière des vitraux que par les phénomènes physiques.

Formes et couleurs
Plans de couleur, souvenirs d’hiver – 1915-1923

Dans de nombreuses œuvres, la couleur et la forme sont présentées par paire. La forme du bleu est un motif de diagonales nettes, alors que la forme de l’orange est entièrement consacrée aux formes organiques et douces.

Lignes, plans, espaces. Tentative de profondeur II – 1921-1925

Vers 1925, Kupka abandonne les formes tourbillonnantes et commence à étudier les formes triangulaires, qu’il appela diagonales. Le triangle était pour lui une forme dynamique, associée au profil d’un homme qui marche. Beaucoup de ses peintures contiennent des formes et des dimensions kaléidoscopiques.

La machine esthétique

La plupart des tableaux peint entre 1925 et 1935 sont dans le style « machinisme ». Kupka s’inspire des machines et des usines situées près de son atelier à Puteaux, mais aussi des rythmes du jazz. Ces œuvres représentent une forme de retour à la représentation de la réalité.

Synthèse -1927-1929

Les peintures de Kupka contiennent désormais des éléments mécaniques modernes qui donnent une idée du mouvement régulier et déterminé des machines, symbole de modernisation et d’utopie sociale à l’époque.

Simplicité et abstraction
Peinture abstraite – 1930-1932

Dans les années 1940, František Kupka entame une nouvelle période qui aboutit à une abstraction de plus en plus radicale et qui repose désormais presque exclusivement sur des formes géométriques. Il est revenu sur un thème antérieur, l’étude des diagonales et des formes verticales.

Blanc autonome – 1952

Dans les œuvres de sa dernière période, Kupka recherche encore plus nettement une harmonie dans la simplicité en jouant avec les forces opposées de la masse et du vide, verticales et horizontales.

N.B. Ce texte est un résumé du document de l’exposition

J’ai beaucoup apprécié cette exposition qui retrace l’évolution de la peinture de František Kupka. Elle est très complète et dispose de nombreuses toiles majeures, venant de collections privées et de musées, notamment français.

A voir absolument, jusqu’au 19.5.2019 😉

Musée etc
Musée Ateneum Carte